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Observatoire des droits de l’homme en Afrique centrale

 

La situation des droits de l’homme en Afrique centrale (CEEAC) est présentée dans les sites suivants :

www.unhchr.ch

Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme

www.cnudhd.org

Centre sous régional des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale

 

Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC)

 

Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC)

 

http://www.afriquecentrale.info        

                                                     http://www.crisisgroup.org

http://www.panosparis.org

http://www.afrique21.org    

 

www.amnesty.org
Amnesty International

www.fidh.org

Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme.

www.hrw.org

Human Rights Watch.

www.oip.org
Observatoire Internationale des Prisons

www.omct.org
Site de l'Organisation Mondiale contre la Torture.

www.collectif-asah.org
Association au Service de l'Action Humanitaire :

www.irinnews.org

ONU – Bureau d’information pour la coordination des affaires humanitaires.

www.redress.org
Documentation contre l’impunité

www.achpr.org

Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

www.cicr.org

Comité international de la Croix-Rouge

www.icc-cpi.int

Cour pénale internationale

www.credho.org

Ce site vous donne les indications bibliographiques

www.aidh.org

Site francophone consacré à la défense et à la promotion des droits de l'homme e

www.eudh.org

Encyclopédie universelle des droits de l'homme.

www.unesco.org

Fonds des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture

www.unicef.org

Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

www.who.int
Organisation Mondiale de la Santé (droit à la santé)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La situation des droits de l’homme

en Afrique centrale

 

Notre préoccupation n’est pas de se substituer aux nombreux militants des droits de l’homme, ni de faire des affirmations partisanes. Nous ne pensons pas qu’il existe un monde des vertueux défenseurs des droits de l’homme d’une part, et celui des dictateurs d’autre part. Cette démarcation nous semble trop rigide, car elle ne permet pas de rendre compte des réalités complexes et poreuses qui structurent le champ des droits de l’homme en Afrique centrale.

 

Il faut d’abord faire remarquer que, ces dernières années, les missions d’enquêtes sur le terrain ont été très nombreuses. Elles ont fait l’objet de rapports largement diffusés dans les médias. Ces rapports ont donné lieu à des controverses. Généralement, les gouvernements ont réfuté, sans trop convaincre ces rapports en soulignant que leurs auteurs sont à la solde des groupes d’intérêts. Les gouvernements  n’ont pas eux-mêmes, malgré les alertes, pris l’initiative d’ouvrir les enquêtes indépendante et impartiales. A quelques exceptions près, de telles enquêtes l’ont toujours été sous la pression de l’opinion publique. Même, lorsqu’il s’agissait des missions internationales effectuées au nom des Nations Unies, les choses n’ont pas toujours été faciles pour les experts internationaux ou les rapporteurs spéciaux. Par ailleurs, les gouvernements n’ont pas toujours su – ou bien voulu – utiliser avec efficacité les mécanismes institutionnels qu’ils ont eux-mêmes créés. Il en est ainsi des commissions ou comités nationaux des droits de l’homme, ou bien des services administratifs des ministères chargés d’assurer la promotion et la protection des droits de l’homme.

 

L’Afrique centrale est traversée depuis plus d’une décennie par un climat d’insécurité  aggravé par la pauvreté généralisée. La réponse aux défis et aux espoirs sociopolitiques de l’Afrique centrale exige que soient constitués, stimulés et valorisés les cadres et les formes de débats intellectuels, de confrontations et de propositions les plus féconds et les plus efficaces. Les gouvernements des Etats d’Afrique centrale ont pris conscience de l’intérêt que représentent la coopération et l’intégration régionales en tant que facteurs du développement. D’où la mise en place des institutions et projets communautaires visant à intégrer et à rationaliser les potentialités de chaque pays dans la perspective de création d’un ensemble géopolitique assis sur des bases économiques et sociales assainies. Mais cette volonté d’intégration régionale n’a pas suffit à améliorer substantiellement les diverses situations nationales en matière des droits de l’homme. Si des efforts sont perceptibles depuis une dizaine d’années pour instaurer des pouvoirs démocratiques et des garanties aux droits de l’homme, cela s’accompagne aussi des reculs affligeants. Ce qui explique la survivance des pratiques décriées dans plusieurs rapports établis par les organisations internationales gouvernementales ou non gouvernementales. Il faut cependant avoir à l’esprit que les situations sur le terrain ont parfois beaucoup évolué, en fonction des opportunités politiques et sociales et, plus rarement, en fonction du dynamisme des gouvernants. Certains pouvoirs, alertés par les rapports alarmants sur la situation des droits de l’homme, ont su faire évoluer les choses dans le sens de l’amélioration positive des situations décriées. Certes les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes ; mais l’on ne pourrait pas douter que par leurs actes, ces gouvernants ont exprimé leur ferme volonté d’œuvrer dans le sens du respect des droits de l’homme. De tels cas existent, et nombreux, nous pouvons en faire état, sans nécessairement en faire une liste exhaustive. D’autres gouvernants, malheureusement,  croupissent dans l’incurie et le refus cynique de s’ouvrir à de nouvelles pratiques. Fragilisés par leur manque de convictions, ils ont toujours cherché à trouver derrière chaque critique, un adversaire politique. Préférant dépenser des sommes considérables pour s’acheter des communicateurs, ils persistent à cultiver une image artificielle de démocrate tout en sapant de l’autre main tout surgissement d’idées, d’opinions et de pratiques conformes à la démocratie. Fragiles et mal préparées à gérer les conflits et l’insécurité, les gouvernements ont choisi de greffer sur leurs bureaucraties sécuritaires, des mesures et institutions spéciales pour maintenir l’ordre public. Dans de nombreux cas, ces mesures et institutions se sont retournés contre la liberté et la sécurité, provoquant ainsi des actes condamnables, mais souvent restés impunis. Alors même qu’ils auraient pu s’inspirer des exemples d’ailleurs, les gouvernants ont gardé un mutisme inquiétant sur des situations qui les concernent parfois directement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tournant le dos à la fameuse solidarité africaine ils n’ont voulu préconisé aucune mesure d’indemnisation pour les malheureuses et innocentes victimes ou leurs ayants-droits. Sur ce point particulier, on pourrait noter que la communauté internationale a toujours failli et n’a pas suffisamment  exercé son magistère d’influence sur de tels gouvernants.

De nombreux observateurs des sociétés africaines estiment que l’on parle désormais trop des droits de l’homme en Afrique, et qu’à forger tant de comités et de discours, une cause si généreuse s’affaiblit et se dilue dans la routine quotidienne Il n’en subsisterait qu’un idéalisme convenu et profiteur, et la victoire facile que promettent la simple incantation d’idées connues et l’assurance de n’être pas contredit attirerait à son service des esprits sans courage ni rudesse. Il faut souligner que le contexte politique et social de l’Afrique centrale ne favorise pas nécessairement une témérité en  matière des droits de l’homme. La « politisation » des universités, la vassalisation des élites intellectuelles, l’indigence des conditions sociales des chercheurs incitent à une prudence dans les écrits et la parole qu’à des prises de position irrévérencieuses. Les quelques rares chercheurs qui se sont libérés de tels pesanteurs sont soit à la périphérie des institutions académiques, soit ayant atteint - ou presque – l’âge de la retraite ils n’entendent plus récolter quelques gains pour les actes antérieurs d’obéissance, soit enfin ils ont choisi les chemins escarpés de l’exil perdant ainsi tout lien direct avec les événements. Ce n’est certainement pas le courage qui manquerait aux chercheurs, mais le prix de ce courage apparaît comme un luxe pour le grand nombre qu’il semblerait quasiment suicidaire d’y perdre ses maigres avantages au profit des changements virtuels.Si certains défenseurs des droits de l’homme ont failli dans leurs missions sur le terrain, à part quelques cas de corruption et de manipulations politiques, cela est essentiellement dû à un manque de professionnalisme et d’expérience, à la pression sociale et aux diverses intimidations subies au quotidien. Des critiques peuvent être faites quant à la capacité technique de certains observateurs de comprendre tels ou tels fait, d’analyser avec rigueur telle ou telle situation, de proposer des analyses juridiques fiables, etc. Mais cette faiblesse technique ne saurait constituer un discrédit sur l’ensemble des actions courageuses que les défenseurs des droits de l’homme ont entrepris en Afrique centrale ces dernières années. Malgré leurs moyens limités, ils ont réussi à contenir les vagues de l’autoritarisme dans des proportions circonscrites, parfois au péril de leurs vies et de leurs carrières professionnelles. D’autres malheureusement n’ont pas pu résister aux sirènes de l’argent facile et des promotions sociales spectaculaires. Rongés par la pauvreté, au chômage et sans ressources pour d’autres, leur militantisme n’a pas pu résister aux assauts du pouvoir. Domestiqués et manipulés, ils ont parfois été utilisés comme adversaires face à leurs anciens camarades du métier. Ce retournement de situation, l’utilisation des droits de l’homme comme strapontin politique, la versatilité ondoyante d’un certain militantisme opportuniste constituent le péché de jeunesse des défenseurs des droits de l’homme en Afrique centrale.La pauvreté et la dette continuent de ruiner les édifices fragiles de construction de sociétés de droit et de paix en Afrique centrale. La complexité des mécanismes mis en place par les institutions internationales, l’idolâtrie des approches techno-quantitatives, l’absence d’imagination et d’initiative des experts internationaux, ne laissent aucune chance de succès aux projets préconisés au profit des populations. Si la nécessité des réformes structurelles est une évidence en Afrique centrale, il est contradictoire que ces réformes n’aient jamais fait l’objet de larges débats au sein des couches sociales bénéficiaires et qu’elles soient simplement confiées, « clés en main », à des bureaucraties minées par la corruption, la routine et aucun esprit d’initiative. Mettre les droits de l’homme en débat ne signifie pas revisiter le mythique arbre à palabres. Il ne s’agit pas non plus de produire des solutions miracles, prêtes à cuire, garanties à vie. C’est parce nous n’avons pas cette baguette magique que nous parlons de débat. Car, nous croyons que de ce débat pourrait  sortir de propositions constructives et opérationnelles, qui dans leur mise en œuvre, réalimenteront le débat.

Professeur Jean Didier BOUKONGOU