


Observatoire des droits de l’homme en Afrique centrale
La situation des droits de l’homme en Afrique centrale (CEEAC) est présentée dans les sites suivants :
Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme
Centre sous régional des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale
Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC)
Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC)
http://www.afriquecentrale.info
www.amnesty.org
Amnesty International
Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme.
Human Rights Watch.
www.oip.org
Observatoire Internationale des Prisons
www.omct.org
Site de l'Organisation Mondiale contre la Torture.
www.collectif-
Association au Service de l'Action Humanitaire :
ONU – Bureau d’information pour la coordination des affaires humanitaires.
www.redress.org
Documentation contre l’impunité
Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Comité international de la Croix-
Cour pénale internationale
Ce site vous donne les indications bibliographiques
Site francophone consacré à la défense et à la promotion des droits de l'homme e
Encyclopédie universelle des droits de l'homme.
Fonds des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).
www.who.int
Organisation Mondiale de la Santé (droit à la santé)
La situation des droits de l’homme
en Afrique centrale
Notre préoccupation n’est pas de se substituer aux nombreux militants des droits de l’homme, ni de faire des affirmations partisanes. Nous ne pensons pas qu’il existe un monde des vertueux défenseurs des droits de l’homme d’une part, et celui des dictateurs d’autre part. Cette démarcation nous semble trop rigide, car elle ne permet pas de rendre compte des réalités complexes et poreuses qui structurent le champ des droits de l’homme en Afrique centrale.
Il faut d’abord faire remarquer que, ces dernières années, les missions d’enquêtes
sur le terrain ont été très nombreuses. Elles ont fait l’objet de rapports largement
diffusés dans les médias. Ces rapports ont donné lieu à des controverses. Généralement,
les gouvernements ont réfuté, sans trop convaincre ces rapports en soulignant que
leurs auteurs sont à la solde des groupes d’intérêts. Les gouvernements n’ont pas
eux-
L’Afrique centrale est traversée depuis plus d’une décennie par un climat d’insécurité aggravé par la pauvreté généralisée. La réponse aux défis et aux espoirs sociopolitiques de l’Afrique centrale exige que soient constitués, stimulés et valorisés les cadres et les formes de débats intellectuels, de confrontations et de propositions les plus féconds et les plus efficaces. Les gouvernements des Etats d’Afrique centrale ont pris conscience de l’intérêt que représentent la coopération et l’intégration régionales en tant que facteurs du développement. D’où la mise en place des institutions et projets communautaires visant à intégrer et à rationaliser les potentialités de chaque pays dans la perspective de création d’un ensemble géopolitique assis sur des bases économiques et sociales assainies. Mais cette volonté d’intégration régionale n’a pas suffit à améliorer substantiellement les diverses situations nationales en matière des droits de l’homme. Si des efforts sont perceptibles depuis une dizaine d’années pour instaurer des pouvoirs démocratiques et des garanties aux droits de l’homme, cela s’accompagne aussi des reculs affligeants. Ce qui explique la survivance des pratiques décriées dans plusieurs rapports établis par les organisations internationales gouvernementales ou non gouvernementales. Il faut cependant avoir à l’esprit que les situations sur le terrain ont parfois beaucoup évolué, en fonction des opportunités politiques et sociales et, plus rarement, en fonction du dynamisme des gouvernants. Certains pouvoirs, alertés par les rapports alarmants sur la situation des droits de l’homme, ont su faire évoluer les choses dans le sens de l’amélioration positive des situations décriées. Certes les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes ; mais l’on ne pourrait pas douter que par leurs actes, ces gouvernants ont exprimé leur ferme volonté d’œuvrer dans le sens du respect des droits de l’homme. De tels cas existent, et nombreux, nous pouvons en faire état, sans nécessairement en faire une liste exhaustive. D’autres gouvernants, malheureusement, croupissent dans l’incurie et le refus cynique de s’ouvrir à de nouvelles pratiques. Fragilisés par leur manque de convictions, ils ont toujours cherché à trouver derrière chaque critique, un adversaire politique. Préférant dépenser des sommes considérables pour s’acheter des communicateurs, ils persistent à cultiver une image artificielle de démocrate tout en sapant de l’autre main tout surgissement d’idées, d’opinions et de pratiques conformes à la démocratie. Fragiles et mal préparées à gérer les conflits et l’insécurité, les gouvernements ont choisi de greffer sur leurs bureaucraties sécuritaires, des mesures et institutions spéciales pour maintenir l’ordre public. Dans de nombreux cas, ces mesures et institutions se sont retournés contre la liberté et la sécurité, provoquant ainsi des actes condamnables, mais souvent restés impunis. Alors même qu’ils auraient pu s’inspirer des exemples d’ailleurs, les gouvernants ont gardé un mutisme inquiétant sur des situations qui les concernent parfois directement.
Tournant le dos à la fameuse solidarité africaine ils n’ont voulu préconisé aucune
mesure d’indemnisation pour les malheureuses et innocentes victimes ou leurs ayants-
De nombreux observateurs des sociétés africaines estiment que l’on parle désormais
trop des droits de l’homme en Afrique, et qu’à forger tant de comités et de discours,
une cause si généreuse s’affaiblit et se dilue dans la routine quotidienne Il n’en
subsisterait qu’un idéalisme convenu et profiteur, et la victoire facile que promettent
la simple incantation d’idées connues et l’assurance de n’être pas contredit attirerait
à son service des esprits sans courage ni rudesse. Il faut souligner que le contexte
politique et social de l’Afrique centrale ne favorise pas nécessairement une témérité
en matière des droits de l’homme. La « politisation » des universités, la vassalisation
des élites intellectuelles, l’indigence des conditions sociales des chercheurs incitent
à une prudence dans les écrits et la parole qu’à des prises de position irrévérencieuses.
Les quelques rares chercheurs qui se sont libérés de tels pesanteurs sont soit à
la périphérie des institutions académiques, soit ayant atteint -
Professeur Jean Didier BOUKONGOU